Analyses 2019

SORTIR DU « DÉSERT CULTUREL ». LE PARC ACTION SCULPTURE DE VIROINVAL

Par Mathias Mellaerts, chargé de mission, Association Marcel Hicter

Les milieux ruraux sont parfois qualifiés de « déserts culturels » en raison de leur faible densité de population et de l’absence d’infrastructures muséales. Il faut néanmoins souligner que ces caractéristiques sont souvent compensées par la polyvalence qu’offrent ces lieux. La non-existence de lieux strictement dédiés à la culture ou l’absence de structures importantes donnent naissance à des formes culturelles particulières propices à l’itinérance.

INTÉGRER L’ART CONTEMPORAIN DANS L’ESPACE PUBLIC. PHILIPPE HOORNAERT ET ACTION SCULPTURE

Par Mathias Mellaerts, chargé de mission, Association Marcel Hicter

La création artistique a toujours eu recours aux technologies de pointe de son époque ; ceci est d’autant plus vrai pour la sculpture monumentale. Les œuvres artistiques sont donc également des réalisations demandant une maîtrise technique poussée. À notre époque (post-)industrielle, la production artistique contemporaine a également incorporé à son panel de techniques des manières de travailler propres à l’ingénierie. Ainsi, certain.e.s plasticien.ne.s réalisent leurs œuvres dans des ateliers spécialisés en fabrication industrielle (chemin de fer, aéronautique, etc.).

« NOUS SOMMES EN PLEIN CIEL ET NOUS NE REDESCENDRONS PAS ». ÉMILE ZOLA ET L’EDUCATION POPULAIRE

Par Mathias Mellaerts, chargé de mission, Association Marcel Hicter

L’idéalisme socialiste défendu par Proudhon ne manquera pas de faire réagir le jeune Émile Zola. Alors âgé de 24 ans, il écrit un article sur Du principe de l’art et de sa destination sociale. Dans un ouvrage intitulé Mes causeries littéraires et artistiques, Zola écrit un chapitre intitulé « Proudhon et Courbet ». Il y écrit que Proudhon et lui ne sont « pas du même monde ». En effet « il (Proudhon) désire faire de moi un citoyen, je désire faire de lui un artiste ». Émile Zola (1840 – 1902) est considéré comme le chef de file du naturalisme en littérature.

LE CITOYEN EST-IL UN ARTISTE COMME LES AUTRES ? PROUDHON ET « L’ART EN SITUATION »

Par Mathias Mellaerts, chargé de mission, Association Marcel Hicter

La démarche artistique de Courbet et les thèses qu’il développe à partir de 1861 à propos de la dimension émancipatrice, sociale et démocratique de l’art sont appropriées et développées par l’essayiste et polémiste français Pierre-Joseph Proudhon (1809 – 1865) dans un ouvrage intitulé Du principe de l’art et de sa destination sociale, qui paraît à titre posthume en 1865. Nous analyserons ici la position de Proudhon et nous essaierons d’en dégager les grandes tendances.

L’ART D’AVOIR LES PIEDS SUR TERRE. LA PEINTURE DEMOCRATIQUE DE GUSTAVE COURBET

Par Mathias Mellaerts, chargé de mission, Association Marcel Hicter

À quoi sert l’art ? À rien ? À décorer ou à orner ? À attirer les foules ? À inspirer un changement dans la société ? À mobiliser chacun.e pour incarner concrètement un changement sociétal ? Peut-être un peu tout cela à la fois, mais pas forcément en même temps. Pour autant, toutes ces questions demeurent d’actualité aujourd’hui. Il ne s’agit pas là que d’un débat esthétique : il en découle des prises de décisions politiques en termes de subsides, de succès et de carrières.

L’ART DE CRÉER DU LIEN. POUR UNE ESTHÉTIQUE DU CARE

Par Mathias Mellaerts, chargé de mission, Association Marcel Hicter

Existe-t-il aujourd’hui, de la part des pouvoirs publics belges francophones, une tendance affichée à faire endosser à l’art et aux artistes un rôle d’accompagnateurs/trices sociaux/les ? En d’autres termes, demande-t-on aux artistes de faire un travail d’assistant.e.s social.e.s. C’est en tout cas ce que ressentent plusieurs créateurs.

Depuis les années 70, afin d’optimiser leurs performances, une série d’entreprises issues du secteur privé ont commencé à réfléchir à leur organisation interne. Questionner l’organisation des associations revient à questionner leur gouvernance. Il est rapidement apparu que les modèles proposés dans ces entreprises venaient interroger la nature même du travail qui était entrepris par chacun de membres qui les composent. Ces réflexions sur le sens, les finalités et les valeurs du travail font aujourd’hui écho aux organisations du secteur public ainsi qu’à des associations, des coopératives, etc. Nous analyserons ici la notion de gouvernance et nous introduiront deux modèles de gouvernance collaborative : la Sociocratie et l’Holacracy.

LEADERSHIP PARTAGÉ ET INTELLIGENCE COLLECTIVE
Par Mathias Mellaerts, chargé de mission, Association Marcel Hicter

Le secteur culturel possède des figures de proue, des leaders charismatiques, des chefs de file emblématiques qui sont perçus comme de grands stratèges ayant pu s’adapter à la complexité du terrain et relever des défis en guidant leurs collaborateurs. Des noms tels Harald Szeeman ou Franco Dragone apparaissent rapidement quand nous pensons à ces personnalités. Ce type de leadership est aujourd’hui confronté à la complexité croissante des tâches à effectuer.

PASSÉ COLONIAL ET PENSÉE-FRONTIÈRE
Par Mathias Mellaerts, chargé de mission, Association Marcel Hicter

Ces dernières années, le traitement des vestiges du passé colonial a fait l’objet de nombreux débats, réflexions et recherches. Les propositions de construction de processus éducatifs visant à mettre en lumière ces problématiques s’intensifient également. Plusieurs auteurs dont Walter Mignolo et Madina Tlostanova – à qui nous consacrions notre précédente analyse – ont entrepris de montrer que le colonialisme est plus qu’un modèle politique, militaire, juridique ou administratif.

NOTE DE LECTURE : APPRENDRE À DÉSAPPRENDRE 
Sur base de Learning to Unlearn. Decolonial Reflections from Eurasia and the Americas, de Walter Mignolo et Madina Tlostanova
Par Mathias Mellaerts, chargé de mission, Association Marcel Hicter

Walter Mignolo est un chercheur argentin, professeur de sciences humaines à l’Université Duke aux Etats-Unis. Il a publié de nombreux ouvrages sur la sémiotique et la théorie littéraire. Il s’est particulièrement intéressé aux concepts de « colonisation mondiale », de « géopolitique du savoir », de « transmodernité » et de « pensée frontalière (Border-Thinking) ». Madina Tlostanova est une chercheuse et écrivaine russe, professeure de philosophie à la RANEPA (Académie russe de l’économie nationale) à Moscou. Elle a notamment travaillé sur « l’esthétique transculturelle » et sur « les interprétations post-décoloniales des subjectivités, de la fiction et de l’art contemporain post-soviétiques ». Mignolo et Tlostanova ont participé au développement du concept de « décolonisation ».