Analyses 2019

Depuis les années 70, afin d’optimiser leurs performances, une série d’entreprises issues du secteur privé ont commencé à réfléchir à leur organisation interne. Questionner l’organisation des associations revient à questionner leur gouvernance. Il est rapidement apparu que les modèles proposés dans ces entreprises venaient interroger la nature même du travail qui était entrepris par chacun de membres qui les composent. Ces réflexions sur le sens, les finalités et les valeurs du travail font aujourd’hui écho aux organisations du secteur public ainsi qu’à des associations, des coopératives, etc. Nous analyserons ici la notion de gouvernance et nous introduiront deux modèles de gouvernance collaborative : la Sociocratie et l’Holacracy.

Le secteur culturel possède des figures de proue, des leaders charismatiques, des chefs de file emblématiques qui sont perçus comme de grands stratèges ayant pu s’adapter à la complexité du terrain et relever des défis en guidant leurs collaborateurs. Des noms tels Harald Szeeman ou Franco Dragone apparaissent rapidement quand nous pensons à ces personnalités. Ce type de leadership est aujourd’hui confronté à la complexité croissante des tâches à effectuer.

Ces dernières années, le traitement des vestiges du passé colonial a fait l’objet de nombreux débats, réflexions et recherches. Les propositions de construction de processus éducatifs visant à mettre en lumière ces problématiques s’intensifient également. Plusieurs auteurs dont Walter Mignolo et Madina Tlostanova – à qui nous consacrions notre précédente analyse – ont entrepris de montrer que le colonialisme est plus qu’un modèle politique, militaire, juridique ou administratif.

Walter Mignolo est un chercheur argentin, professeur de sciences humaines à l’Université Duke aux Etats-Unis. Il a publié de nombreux ouvrages sur la sémiotique et la théorie littéraire. Il s’est particulièrement intéressé aux concepts de « colonisation mondiale », de « géopolitique du savoir », de « transmodernité » et de « pensée frontalière (Border-Thinking) ». Madina Tlostanova est une chercheuse et écrivaine russe, professeure de philosophie à la RANEPA (Académie russe de l’économie nationale) à Moscou. Elle a notamment travaillé sur « l’esthétique transculturelle » et sur « les interprétations post-décoloniales des subjectivités, de la fiction et de l’art contemporain post-soviétiques ». Mignolo et Tlostanova ont participé au développement du concept de « décolonisation ».